De La La Land à Star Wars, l’année 2017 aura été riche en grands films. Mais quels sont les meilleurs, ceux qu’il ne fallait absolument pas rater ? Réponse dans le Top 10 de Serial Ciner !

L’année se termine et l’heure est au bilan pour le 7ème art. En 365 jours, votre serviteur aura vu pas moins de 90 films issus du cru 2017. Parmi eux, des valeurs sûres, des confirmations, des déceptions, des surprises, des ratés… Pour ceux qui n’ont pas été aussi assidus dans les salles obscures, j’ai concocté pour vous la crème de la crème du cinéma de l’année (critiques complètes disponibles en cliquant sur les liens ou ici). C’est parti pour le Top 10 des films de 2017 !

10. Blade Runner 2049

Pour donner une suite acceptable à Blade Runner, Denis Villeneuve prend son temps, 2h45 exactement. Le résultat est un film de science-fiction vertigineux. Blade Runner 2049 convoque le passé pour mieux explorer sa propre identité. Et quelle identité ! Sur fond de scénario évoquant le temps, la mémoire et la postérité, le long-métrage déploie ses ailes dans des séquences visuellement inoubliables, à commencer par le merveilleux passage à Las Vegas. Sans y paraître, Denis Villeneuve appose, avec douceur, un voile de modernité sur le classique de Ridley Scott.

9. Un jour dans la vie de Billy Lynn

A peine plus de 11.000 personnes sont allées voir Un jour dans la vie de Billy Lynn, le dernier Ang Lee. C’est ce qu’on appelle un four et c’est bien dommage. D’abord car Billy Lynn est une prouesse technique avant-gardiste, premier film tourné en 120 images par seconde (l’œil humain en distingue 24). Un procédé qui apporte une netteté hallucinante dans les arrière-plans. A quoi ça sert ? A nous faire vivre comme jamais auparavant le syndrome de stress post-traumatique qui hante les vétérans. Dans ce stade, Billy Lynn est bousculé par son héroïsation en direct, et nous avec lui. Une expérience sensorielle et émotionnelle surpuissante.

8. Star Wars : Les Derniers Jedi

Énormément de choses ont été dites sur l’épisode VIII de Star Wars, film qui divise les fans de la saga. A mon sens, Les Derniers Jedi est un coup de génie. En faisant délibérément table rase des mythes poussiéreux d’une saga vieille de 40 ans, Rian Johnson plante la graine d’un nouveau Star Wars, quitte à déstabiliser les spectateurs par moments. Fini l’épopée des Skywalker, l’Ordre Jedi, la Force mystique… Place désormais à une nouvelle génération de héros, moins monolithiques que leurs aînés, Rey et Kylo Ren en tête. Les Derniers Jedi est un pari osé mais ô combien réussi.

7. La Planète des Singes : Suprématie

Il n’est pas toujours évident de conclure une saga, qui plus est en beauté. C’est pourtant ce que réussit à faire La Planète des Singes : Suprématie, troisième et dernier film du reboot de la franchise simiesque, en s’offrant un duel final épique entre César et le colonel McCullough. Cette conclusion, construite comme un vieux western enneigé, porte la saga jusqu’aux sommets philosophiques espérés depuis le premier film. Suprématie renverse la dualité hommes/singes et aborde avec intelligence la question de l’humanité. Si on ajoute à cela de l’action finement dosée et des personnages ciselés, on obtient le blockbuster parfait.

6. Baby Driver

Cela faisait quatre ans qu’on n’avait plus vu Edgar Wright. Une éternité pendant laquelle on avait presque oublié l’immense talent du cinéaste britannique. Erreur largement corrigée avec Baby Driver, petit bijou de tempo et de mise en scène. En calquant le rythme de son film de braquage sur la musique écoutée par Baby, jeune homme mutique, Edgar Wright réalise sans le vouloir la meilleure comédie de l’année. Avec sa précision millimétrée, sa bande-son du tonnerre et ses références pop à tout-va, Baby Driver a tout du futur film culte.

5. Silence

Il aura fallu près de 30 ans à Martin Scorsese pour réaliser l’adaptation de Silence, histoire d’un missionnaire jésuite portugais devenu martyr dans le Japon féodal du XVIIe siècle. Une attente interminable que le légendaire cinéaste a mis à profit pour peaufiner le moindre détail, le moindre plan. Pour une fois, Marty prend son temps, livrant un film difficile d’accès, posé et d’une étonnante austérité. Longue réflexion sur l’essence de la foi, Silence est le chef d’œuvre de « l’autre » Scorsese, celui qui doute et cherche des réponses à ses crises existentielles.

4. Get Out

Get Out, c’est LE phénomène ciné de 2017. D’abord car le thriller d’épouvante réalisé par le comique américain Jordan Peele a rapporté 254 millions de dollars dans le monde (1,1 million d’entrées en France), soit 56 fois son budget initial ! Surtout, Get Out est un film d’une rare intelligence. Derrière son apparence de film d’horreur à petit budget se cache une comédie sociale satirique d’une redoutable efficacité. L’enfer vécu par le malheureux Chris se présente comme le catalyseur de toutes les tensions racistes qui fracturent la société américaine. Inventif, malin, prenant : Get Out est la (très) bonne surprise de l’année.

3. La La Land

Si Baby Driver est la meilleure comédie musicale de l’année, pourquoi La La Land est-elle mieux classée ? Simplement parce que, malgré ses faux airs, La La Land n’est pas une comédie musicale. En revanche, c’est un très grand film, en forme de comédie douce amère sur la difficulté de réaliser ses rêves, la douleur d’y renoncer et la banalité quand on les vit. Avec ses deux acteurs au diapason, ses chansons mémorables et sa réalisation virevoltante, La La Land épate. Savant mélange entre hommage aux comédies musicales classiques d’Hollywood et proposition de cinéma résolument moderne, le film de Damien Chazelle fait déjà référence.

2. Au Revoir Là-Haut

Adapter Au Revoir Là-Haut, prix Goncourt en 2013, était un défi que seul Albert Dupontel pouvait relever. L’éternel marginal du cinéma français confère à cette arnaque montée par deux vétérans de guerre son énergie débordante, son imagination débridée et son sens ambigu de la morale. Centré sur des personnages hauts en couleur (incroyable Nahuel Pérez Biscayart), Au Revoir Là-Haut mêle avec élégance et subtilité l’enthousiasme des jours insouciants et la noirceur des nuits redoutées. Un chef d’œuvre ? Peut-être bien. En tout cas, on n’avait pas vu un film français de ce calibre depuis belle lurette.

1. Dunkerque

Avec son histoire d’évacuation miracle de troupes anglaises coincées sur une plage, Dunkerque avait tout du bon petit film de guerre qui exalte l’héroïsme. Le génie de Christopher Nolan est de sortir la mission de sa linéarité. Entre les fantassins sur la plage, les avions de chasse et les esquifs de secours, la chronologie est éparpillée, rien ne se passe en même temps et pourtant tout s’enchaîne, façon d’illustrer l’attente interminable des soldats.

Dans ce film quasiment muet, l’intensité passe par les regards et l’angoisse est rythmée par le tic-tac des balles et des bombes. Dunkerque n’est alors plus un film de guerre mais un pur survival, une course contre la montre étouffante dont le compte-à-rebours est égrainé au fur et à mesure de la convergence des temporalités. Attention, ça prend aux tripes, n’oubliez pas de respirer. Vous risqueriez de manquer ce chef d’œuvre.

Ils ne sont pas passés loin

Il n’y a pas de super-héros dans ce Top mais il s’en est fallu de peu pour que Spider-Man : Homecoming et Thor : Ragnarok passent le « cut ». Misant tous les deux sur l’humour et la désinvolture, ils ont donné un nouveau souffle aux films Marvel. A l’inverse, le très sombre Logan a clôt avec émotion la saga de Wolverine.

2017 aura aussi été l’année du fantastique. Avec son histoire de bête humaine inquiétante, Split a marqué le grand retour de M. Night Shyamalan, pour notre bon plaisir. Il faut aussi mettre en avant Colossal, pas sorti au cinéma chez nous (disponible en VOD) mais qui vaut le détour, œuvre hybride entre le film de monstre et le drame social.

Un seul film français dans le Top 10, c’est léger. Mais le cinéma tricolore a tout de même montré de (très) belles choses cette année. La sensation 120 Battements par Minute risque bien de secouer la cage des César et ce serait mérité. Dans un autre registre, Michel Hazanavicius a confirmé son statut de roi du pastiche et de la comédie méta avec Le Redoutable. Enfin, La Promesse de l’Aube a montré que le cinéma romanesque de grande envergure a encore de l’avenir en France.