A voir au cinéma en décembre : STAR WARS STAR WARS STAR WARS STAR WARS STAR WARS STAR WARS STAR WARS STAR WARS (et aussi Matt Damon, Alain Chabat, Hercule Poirot, un gamin bizarre et un fantôme).

Star Wars : Les Derniers Jedi

On ne va pas se mentir, toute l’année 2017 n’aura été qu’une longue attente, chaque film nous rapprochant un peu plus du huitième épisode de la saga intergalactique. Après Le Réveil de la Force qui faisait le job sans prendre le moindre risque, il est temps que la nouvelle trilogie Star Wars se forge une identité bien à elle. Avec Rian Johnson, réalisateur du sympathique Looper (2012), aux manettes et au vu des premières images, c’est bien parti.

Comme d’habitude, on sait assez peu de choses sur le scénario de l’épisode VIII, et tant mieux. Le titre choisi, Les Derniers Jedi, semble indiquer une suite plus sombre, presque apocalyptique pour le côté obscur de la force. Le retour au premier plan de Luke « vieil ermite » Skywalker devrait nous en apprendre plus ce qui s’est passé depuis la mort de l’Empereur. Sortie le 13 décembre.

Bienvenue à Suburbicon

Nous sommes en 1959. Les États-Unis sont en plein essor et la classe moyenne investit les banlieues, avec de jolies maisons, des jardins bien taillés et toujours avec le sourire. Bref, l' »American Dream ». Mais l’arrivée à Suburbicon d’une famille noire va tout dérégler. D’autant que dans le même temps, les Lodge sont cambriolés et Gardner (Matt Damon) assiste impuissant au meurtre de sa femme. Racisme latent, faux-semblants, policiers véreux, dangereux mafieux, les fauves sont lâchés.

Que donnerait une rencontre entre l’humour noir des frères Coen et les obsessions sociétales de George Clooney ? La réponse est : Bienvenue à Suburbicon. Les deux génies ont déterré un de leur vieux script pour l’offrir sur un plateau à leur acteur fétiche. A la clé, le looser maltraité par la vie tant mis en avant par les Coen mis face au vernis du rêve américain que Clooney ne manque jamais de gratter pour voir ce qu’il y a en dessous. Sortie le 6 décembre.

Santa & Cie

Les comédies de Noël sont un incontournable aux États-Unis, elles tombent aussi régulièrement que la neige. Alors qu’elle se faisait plutôt discrète sur ce thème jusqu’ici, la France aura elle aussi droit à son film familial pour les fêtes. Santa & Cie, réalisé par Alain Chabat (qui joue aussi le rôle du Père Noël), compte bien rassembler tout le monde autour de l’esprit de Noël. Mais qui dit Chabat dit humour bien particulier…

Figure bien installée du paysage comique français (Astérix & Obélix : Mission Cléopatre, c’est lui ne l’oublions pas), Chabat place le Père Noël dans une situation inconfortable : ses lutins tombent tous malades à quelques jours de l’échéance, forçant Santa Claus à se « sortir les doigts de la hotte » pour sauver Noël. Sauf que dans le monde réel, un type qui dit qu’il s’est garé en traîneau sur le Moulin Rouge et qui assure s’appeler Santa Claus, ça finit en cellule de dégrisement. C’est pas gagné… Sortie le 6 décembre.

Le Crime de l’Orient-Express

L’histoire est connue de tous : à bord du mythique Orient-Express, un riche Américain est tué dans sa cabine la nuit, alors que le train est bloqué par le blizzard. Présent à bord, le célèbre Hercule Poirot (Kenneth Brannagh avec une sacrée moustache) s’empare de l’affaire. Guère aidé par le tempérament des passagers et leurs obscurs secrets, le détective belge va avoir besoin de tout son génie pour élucider un crime aussi sordide qu’étonnant.

Le Crime de l’Orient-Express est l’enquête la plus fameuse d’Hercule Poirot. Glissante comme une anguille, l’intrigue policière a déjà comblé les nuits blanches de centaines de millions de lecteurs dans le monde depuis 1934. Une première adaptation avait déjà vu le jour au cinéma en 1974, rendant parfaitement justice à l’ambiance baroque du livre. Alors pourquoi aller voir celle-là ? Parce que Kenneth Brannagh a le sens de la mise en scène, qu’il nous promet une fin différente et qu’il s’est entouré d’un casting de rêve : Johnny Depp, Daisy Ridley, Michelle Pfeiffer, Judi Dench, Willem Dafoe, Penelope Crux… Sortie le 13 décembre.

Wonder

August (Jacob Tremblay, l’irrésistible gamin de Room) est né avec une malformation faciale. Éduqué par ses parents, il est obligé d’aller à l’école à dix ans. Il découvre un univers cruel à son égard, lui l’enfant « moche », le « démon ». Pour l’aider à entrer pleinement dans ce nouveau monde, ses parents (Julia Robert et Owen Wilson) vont l’accompagner tout au long de cette épreuve.

Et si Elephant Man était un enfant ? C’est de cette question simple que part le film de Stephen Chbosky (réalisateur du Monde de Charlie), point de départ qui permet de réinventer la réflexion sur l’humanité au-delà de la beauté qui nourrissait le classique de David Lynch. En décalant le point de vue des « autres » au sein d’un groupe d’enfant, Wonder intègre l’innocence et la naïveté à son histoire. Une fable positive qui fait du bien. Sortie le 20 décembre.

La Promesse de l’Aube

La tradition romanesque française a encore de l’avenir au cinéma. Voilà ce que semble crier La Promesse de l’Aube, adaptation à gros budget (plus de 20 millions d’euros) de l’autobiographie de Romain Gary, accessoirement l’un des plus grands livres du siècle dernier. Portée par Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg, l’adaptation d’Éric Barbier est à la fois taillée pour le grand public et promise à un joli destin aux César.

Pour ceux qui ne connaissent pas La Promesse de l’Aube, il s’agit de l’histoire de Romain Gary, de sa jeunesse à son service pendant la Seconde Guerre mondiale, racontée par l’écrivain lui-même à travers le prisme de sa relation avec sa mère. Omniprésente, étouffante, elle destine dès le plus jeune âge son fils à une vie extraordinaire. D’abord écrasé par le poids des ambitions maternelles, le jeune Romain va peu à peu se libérer de l’emprise de ma mère pour voler mieux se rendre compte de ce qu’il lui doit. Sortie le 20 décembre.

A Ghost Story

C, un musicien, vit avec sa femme M dans une petite maison près de Dallas. Un jour, C meurt dans un accident de voiture. Son esprit sort de son corps et vêtu d’un drap avec deux trous pour les yeux, façon fantôme d’Halloween pour enfant, il revient chez lui pour observer la détresse de sa femme. Absurde ? Loufoque ? Délirant ? Autant de qualificatifs qui pourraient décrire A Ghost Story s’il ne s’agissait pas d’un drame, un vrai, un beau.

Sorti en catimini aux États-Unis en juillet, A Ghost Story débarque chez nous pour les fêtes. Porté par Casey Affleck (sous le drap du fantôme pendant 1h20) et Rooney Mara, ce drame iconoclaste a déjà séduit le jury du Festival de Deauville. A raison car le film de David Lowery sort des sentiers battus, avec son pitch étrange et sa réalisation farfelue (il y a des plans-séquence de 13 minutes construits sur un rien, comme manger une part de tarte). Peut-être bien le film le plus bizarre de l’année. Sortie le 20 décembre.

 

Et sur Netflix…

Dernier film à voir cette année sur Netflix, Bright mélange politique et science-fiction. Dans un monde contemporain alternatif, les humains cohabitent avec les orcs, les elfes et les fées. Pour les besoins d’une enquête, Daryl Ward, un policier humain est forcé de collaborer avec Nick Jakoby, un orc. Pas franchement faits pour s’entendre, ils vont devoir se serrer les coudes après avoir fait une découverte qui pourrait changer le monde.

De loin, Bright ressemble à un croisement entre Training Day et Men in Black. Le sous-texte politique sur la marginalisation des minorités est présenté sous un angle intéressant. D’autant plus que c’est Max Landis, auteur de Chronicle (2012), qui a écrit le scénario. La présence derrière la caméra de David Ayer n’a en revanche rien de rassurant mais gageons qu’il aura à coeur de se rattraper après son (très) mauvais Suicide Squad.