En février, tu iras au ciné. Beaucoup. Avant l’arrivée des blockbusters, on pourra voir des nommés aux Oscars, une sélection cannoise, quelques frissons et une pincée d’humour français. Pas sûr que 28 jours suffisent…

Silence

Des prêtres jésuites portugais en mission dans le Japon médiéval, une réflexion de 3 heures sur la foi et la mise à l’épreuve de la croyance en Dieu, Andrew Garfield comme « tête d’affiche »… Silence, le nouveau film de Martin Scorsese ne séduira pas tout le monde. Pourtant, ce serait dommage de passer à côté de ce qui s’annonce être le chef d’oeuvre d’une vie.

Martin Scorsese a dû patienté 30 ans avant de voir Silence se concrétiser. C’est un projet qui tient profondément à coeur au réalisateur, obnubilé par la question de la foi. Il suffit de voir quelques plans de la bande-annonce pour constater à quel point Scorsese a patiemment élaboré chaque scène comme un tableau. Préparez-vous à être éblouis. Sortie le 8 février.

Moonlight

C’est l’autre favori des Oscars. Dans un tout autre registre que La La LandMoonlight séduit par sa beauté et son humanité. Barry Jenkins adapte l’histoire, en trois périodes, de la vie d’un jeune afro-américain qui appréhende son homosexualité malgré les pressions de sa famille et de son milieu social.

Cette histoire pas banale est conjuguée au presque parfait par un casting composé quasiment en totalité d’acteurs et actrices afro-américains. Une réponse à la polémique #OscarsSoWhite mais pas uniquement, tant Moonlight se définit par sa délicatesse et non par de quelconques revendications. Sortie le 1er février.

Jackie

Qui d’autre que Natalie Portman pouvait incarner Jackie Kennedy ? Dans le film de Pablo Larraín, la ressemblance entre les deux femmes est troublante. Une transformation rendue possible par les costumes d’époque splendides. Au-delà de la performance d’actrice, Jackie a l’intelligence de ne pas dresser un portrait exhaustif de la First Lady la plus célèbre des Etats-Unis.

Le film se concentre sur le moment le plus terrible de la vie de Jackie : l’assassinat de son mari à Dallas en novembre 1963. Il s’agit alors de raconter le déferlement médiatique, la posture face au public, le deuil, la manipulation de l’histoire. Auteur accompli, Pablo Larraín impose sa patte artistique sur ce biopic très attendu. Sortie le 1er février.

Rock’n Roll

La comédie est un genre majeur du cinéma français mais elle ne s’aventure que rarement dans des territoires risqués. Avec Rock’n Roll, Guillaume Canet donne un sacré coup de pied dans la fourmilière ! Le réalisateur et acteur ose proposer une comédie « méta » et déjantée autour de la crise de la quarantaine de… Guillaume Canet !

Sans être une autobiographie, Rock’n Roll est ancrée dans le réel. On y croise les amis et les proches de Canet, sa compagne Marion Cotillard en tête. Le réalisateur expose le quotidien des acteurs, moins glamour qu’on ne l’imagine. Mais quand Guillaume se rebelle, c’est tout son entourage qui perd la tête. Sortie le 15 février.

Split

M. Night Shyamalan est de retour, cette fois c’est sûr. L’ex-prodige du suspense avait perdu son mojo au milieu des années 2000 et connu quelques échecs cuisants (Le dernier maître de l’air, After Earth). En 2015, il revenait sur la pointe des pieds avec The Visit, un « film d’angoisse » à petit budget diablement décalé. Split est la confirmation que le génie Shyamalan est ressorti de la lampe sur un nouveau créneau : le frisson réaliste.

Le cinéaste se sert de pathologies bien réelles pour provoquer chair de poule et terreur. Dans Split, c’est la schizophrénie : James McAvoy incarne un homme qui renferme 23 personnalités ! Quand il kidnappe trois jeunes filles, elles vont croiser les doigts pour que les plus démoniaques restent enfouies dans l’esprit de leur ravisseur. Help ? Sortie le 22 février.


Quand y’en a plus… y’en a encore !

En sortant le même jour que deux poids lourds estampillés Oscars, Un jour dans la vie de Billy Lynn (1er février) risque de passer inaperçu. Dommage car le dernier film d’Ang Lee s’annonce comme une réflexion ambitieuse sur l’héroïsation des militaires américains.

Prix du jury à Cannes en 2016, American Honey (8 février) conte le road-trip d’une poignée de white trash US… pendant 2h40. Il faudra s’accrocher et accepter de se laisser promener sur les routes américaines sans but précis.

Autre film remarqué à Cannes, Loving (15 février) est un pas de côté dans la filmographie de Jeff Nichols. Le talentueux réalisateur filme l’histoire vraie de Mildred et Richard Loving, couple mixte arrêté pour s’être marié malgré la loi en 1958. Beaucoup d’émotion mais peut-être trop de bons sentiments.

Réalisateur des trois premiers Pirates des Caraïbes et de Lone Ranger, Gore Verbinski change de registre avec A Cure for Life (15 février), un thriller intrigant qui n’est pas sans rappeler Shutter Island avec une soupçon d’horreur et de fantastique en plus.

Fences (22 février) est le second film de Denzel Washington en tant que réalisateur/acteur. L’histoire d’un ancien joueur de baseball devenu éboueur et surtout chef d’une famille que la vie n’épargne pas. La critique américaine a salué les performances de Washington et Viola Davis.