Des restes des Oscars, encore un Spielberg, le retour de Lara Croft et dans un autre genre d’Abdellatif Kechiche et beaucoup, beaucoup de femmes : c’est déjà le printemps au cinéma !

The Disaster Artist

Le pitch. En 2003, Tommy Wiseau, artiste passionné mais totalement étranger au milieu du cinéma, entreprend de réaliser un film. Sans savoir vraiment comment s’y prendre, il se lance et signe The Room, le plus grand nanar de tous les temps. Du tournage chaotique et de la postérité du film naîtront le statut de légende de Tommy Wiseau.

Pourquoi on va le voir. Un temps dans la course aux OscarsThe Disaster Artist a finalement pâti des accusations de harcèlement visant James Franco. Ce qui ne doit pas occulter les qualités de ce biopic inattendu, hommage tragicomique au personnage de Tommy Wiseau. James Franco fait des merveilles devant la caméra pour retourner The Room. C’est au moins aussi drôle que le film original. Sortie le 7 mars.

Le jour de mon retour

Le pitch. 1968. Donald Crowhurst, un homme d’affaires anglais, passionné par la voile, est au bord de la faillite. Pour sauver son entreprise et vivre l’aventure dont il rêve depuis toujours, il décide de participer à la première course à la voile en solitaire. Soutenu par sa femme et ses enfants, il se lance alors dans cette incroyable odyssée à travers les mers du monde. Mais mal préparé et face à luimême, Crowhurst rencontre très vite de graves difficultés…

Pourquoi on va le voir. Voilà une histoire vraie pour le moins impressionnante, celle d’un homme passionné par la voile et dévoré par la mer. La Golden Globe Race, première course en solitaire autour du monde sans escale a opposé neuf participants mais fut pour tous un véritable cauchemar, à commencer par Donald Crowhurst (Colin Firth). Le film sort alors que sera donné en juillet le départ d’une seconde édition, 50 ans après, avec obligation d’utiliser les moyens de l’époque. Sortie le 7 mars.

Hostiles

Le pitch. En 1892, Joseph Blocker, ancien héros de guerre devenu gardien de prison, est contraint d’escorter Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres tribales. Peu après avoir pris la route, ils rencontrent Rosalee Quaid. Seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, la jeune femme traumatisée se joint à eux dans leur périple. Sur le périlleux chemin qui va les conduire jusqu’au Montana, les anciens ennemis vont devoir faire preuve de solidarité pour survivre.

Pourquoi on va le voir. Plus le temps passe, plus le genre du western s’essouffle. Abordé sous tous les angles par les plus grands réalisateurs, il n’en sort plus qu’une poignée de longs-métrages chaque année, rarement marquants. Hostiles promet de sortir le western de sa torpeur, en envisageant son récit comme un précipité de l’histoire de la violence en Amérique. Avec Christian Bale, Rosamund Pike, Ben Foster, Jesse Plemons et la sensation Timothée Chalamet au casting, on ne va pas bouder notre plaisir. Sortie le 14 mars.

Tomb Raider

Le pitch. Fille d’un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, Lara Croft, 21 ans, jeune femme rebelle et indépendante, refuse de reprendre l’empire de son père. Convaincue qu’il n’est pas mort, elle met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d’une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux et il lui faudra affronter d’innombrables ennemis et repousser ses propres limites.

Pourquoi on va le voir. Oubliez les deux films tournés par Angelina Jolie au début des années 2000, Lara Croft a changé. Fini la bimbo aventurière qui flingue à tout va. Désormais « Tomb Raider » est une jeune femme (Alicia Vikander) qui n’a rien demandé à personne mais va devoir survivre seule dans une jungle hostile, avec son arc et son pic à glace. Pour redonner de l’allant au personnage, les scénaristes se sont inspirés du reboot des jeux vidéo en cours depuis 2013, plus « survival » que les classiques. Sortie le 14 mars.

Un raccourci dans le temps

Le pitch. Meg Murry est une collégienne qui manque d’assurance et tente de trouver sa place. Très intelligente (ses parents sont des scientifiques mondialement connus), elle possède un don rare qu’elle ne n’a pas encore exploité. La disparition inexpliquée de son père va l’amener à faire la connaissance de trois guides venues sur Terre pour l’aider à le retrouver. Avec Calvin, un camarade de classe, et son petit frère Charles, ils trouvent au cours de leur quête un raccourci spatiotemporel les entraînant vers des mondes insoupçonnés sur lesquels règne un personnage maléfique…

Pourquoi on va le voir. Il faut bien l’avouer, quand Disney se lance dans des films live originaux, c’est rarement une réussite et le public ne suit pas (Lone Ranger, A la poursuite de demain, The Finest Hours). Alors pourquoi Un raccourci dans le temps ferait-il mieux que les autres ? Tout simplement car c’est Ava DuVernay, réalisatrice engagée (Selma, La 13e) qui est aux manettes. Une auteure avec une vision que l’on peut déjà contempler dans la sublime bande-annonce et dans le casting multiculturel qu’elle a réuni. Sortie le 14 mars.

L’affaire Roman J.

Le pitch. À la mort de son mentor, Roman J. Israel, avocat aussi idéaliste que déterminé, voit sa vie bouleversée. Dans l’univers des tribunaux surchargés de Los Angeles, celui qui fut son modèle et une figure légendaire des droits civiques laisse un vrai vide. Recruté par l’ambitieux George Pierce, Roman se lie d’amitié avec une militante de l’égalité des droits. Confronté à des événements extrêmes, il va pourtant remettre en question l’engagement qui a déterminé toute sa carrière…

Pourquoi on va le voir. Belote et rebelote pour Denzel Washington. Après son rôle de chef de famille grincheux dans Fences, le plus grand acteur afro-américain de sa génération se paye une seconde nomination aux Oscars en deux ans avec cette interprétation d’un avocat excentrique. Déjà oscarisé en 1990 (second rôle, Glory) et en 2002 (Training Day), Denzel ne l’emportera probablement pas cette année. Mais ça ne nous empêche d’admirer une nouvelle grande performance de sa part. Sortie le 14 mars.

Mektoub My Love : Canto Uno

Le pitch. En France en 1994, Amin, Parisien d’adoption, retourne en été dans le Midi, où il a passé sa jeunesse chez ses parents qui tiennent un restaurant tunisien à Sète. Il retrouve sa famille et ses amis de jeunesse, comme son cousin dragueur Tony ou sa meilleure amie Ophélie et passe son temps entre le restaurant familial, les bars du coin et la plage où viennent bronzer de jolies vacancières. Alors que Tony a du succès, Amin est plutôt timide. Il se trouve une occupation en photographiant la côte méditerranéenne dont il trouve la lumière fascinante.

Pourquoi on va le voir. Il y a cinq ans , on laissait Abdellatif Kechiche auréolé du triomphe cannois de La Vie d’Adèle mais affecté par les accusations de harcèlement moral sur le tournage. Le réalisateur franco-tunisien a donc pris son temps pour revenir avec ce film, premier d’un diptyque, visiblement plus calme. Il s’entoure d’un casting de jeunes peu ou pas connus et retrouve pour l’occasion Hafsia Herzi, César du meilleur espoir féminin en 2008 pour La Graine et le Mulet. Sortie le 21 mars.

Ready Player One

Le pitch. 2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, un univers virtuel mis au point par l’excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. A la surprise générale, Wade Watts, un jeune garçon qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, domine la quête. Une position dangereuse car les enjeux le dépassent largement.

Pourquoi on va le voir. Tonton Steven, deuxième. Après le Spielberg politique de Pentagon Papers, revoilà le Spielberg « roi du divertissement ». En adaptant un roman qui met en scène un ado plongé dans un jeu vidéo en réalité virtuelle, le cinéaste joue avec les codes et les références de la pop-culture dont il est lui-même un grand artisan. Et prouve par la même occasion qu’à 71 ans, il est encore le mieux placé pour parler aux enfants qui sommeillent en nous. Sortie le 28 mars.

Marie Madeleine

Le pitch. Marie Madeleine est un des personnages religieux les plus énigmatiques de l’histoire. Ce biopic biblique raconte son histoire, celle d’une jeune femme en quête d’un nouveau chemin de vie. Soumise aux mœurs de l’époque, Marie défie les traditions de sa famille pour rejoindre un nouveau mouvement mené par le charismatique Jésus de Nazareth. Elle trouve rapidement sa place au cœur d’un voyage qui va les conduire à Jérusalem.

Pourquoi on va le voir. Couple à la ville depuis l’an dernier, Rooney Mara et Joaquin Phoenix incarnent à l’écran le couple le plus célèbre de l’Histoire, Marie Madeleine et Jésus. Garth Davis (Lion) relate les derniers jours du Christ du point de vue de cette femme maltraitée par son époque et par les récits. Un angle inédit et donc forcément intéressant. Sortie le 28 mars.

Et sur Netflix…

En 2015, le romancier et scénariste britannique Alex Garland prenait le monde du 7ème art par surprise avec son premier film Ex Machina, rien de moins que le meilleur long-métrage sur la question de l’intelligence artificielle. Un thriller en huis clos malin, rythmé et retors récompensé par l’Oscar des Meilleurs effets visuels. Trois ans après, Garland revient avec Annihilation, un nouveau film de SF hallucinogène. Lena (Natalie Portman), une biologiste, part à la recherche de son mari disparu dans une zone coupée de toute civilisation, accompagnée par quatre scientifiques (toutes des femmes, c’est rare). Toutes les expéditions dans cette région hostile ont tourné à la catastrophe… Un pitch prometteur, un casting alléchant et une bande-annonce dingue. A ne rater sous aucun prétexte (disponible le 12 mars).