Les César et les Oscars sont passés alors en mars, le cinéma grand spectacle reprend ses droits dans les salles. Super-héros, Disney, singe géant et Scarlett Johansson : pas de doute, le printemps signe le retour des blockbusters.

Logan

Rarement un acteur aura à ce point incarner « son » personnage. En sept apparitions à l’écran, Hugh Jackman est devenu indissociable de son double au griffes en adamantium : Wolverine/Logan. Certes, il n’y a pas eu que du bon en 17 ans : les deux aventures solo sont médiocre pour l’une et passable pour l’autre. Mais cette fois, c’est la bonne, Logan est le film que le héros immortel et que le public méritaient.

Hugh Jackman rempile, selon ses dires, pour la huitième et dernière fois dans le rôle de Wolverine. Alors pour ce chant du cygne, la production a mis les petits plats dans les grands. Logan a vieilli et s’est isolé loin des troubles du monde moderne, lui qui en a déjà trop vu. Mais l’apparition d’une jeune fille qui lui ressemble en tout point, accompagnée du professeur Xavier, le pousse à protéger les siens une dernière fois. Un ultime combat sauvage (Logan est interdit aux moins de 17 ans aux États-Unis) mais splendide. Sortie le 1er mars.

T2 Trainspotting

En 1996, le cinéphiles faisaient la connaissance de Renton, Spud, Sick Boy et Begbie, un quatuor d’Écossais white trash et camés jusqu’aux os. Un film aussi provoquant que déjanté, devenu culte au fil des années. 21 ans plus tard, la bande est de retour pour répondre aux questions que se posaient les fans après la fin ouverte du premier volet.

T2 Trainspotting est donc conçu comme une revue d’effectif. Qu’a fait Mark Renton de l’argent qu’il a dérobé à ses compères ? Les autres ont-il accompli leurs rêves ou, au contraire, ont-ils sombré dans la déchéance d’une vie de drogué ? Cette suite, toujours pilotée par Danny Boyle, est moins explosive que le film originel mais table, avec succès, sur la nostalgie et l’auto-référencement. Vous reprendrez bien une petite ligne ? Sortie le 1er mars.

The Lost City of Z

En cinq longs-métrages, James Gray a filmé New York sous toutes les coutures, en parlant de mafia, de famille, d’immigration, d’amour, de violence… Mais pour sa sixième réalisation, le cinéaste opère un virage à 180°. Direction la jungle amazonienne pour une adaptation de The Lost City of Z, histoire vraie mais romancée de l’explorateur Percy Fawcett (incarné ici par le « Sons of Anarchy » Charlie Hunnan).

Au début du XXe siècle, ce britannique participa à de nombreuses expéditions en Amérique du Sud. Devenu obsédé par la découverte d’une mystérieuse civilisation cachée, il plonge corps et âme dans la jungle hostile en 1925 avant de disparaître à jamais. The Lost City of Z s’annonce comme un voyage aussi enivrant qu’angoissant dans la moiteur de l’Amazonie. Sortie le 15 mars.

Kong : Skull Island

Quand le projet d’un nouveau film sur King Kong a été annoncé, la question se posait de l’intérêt d’une énième adaptation de l’histoire du singe géant. En avait-on besoin ? Les premières bandes-annonces ont mis tout le monde d’accord. Kong : Skull Island donne dans le gigantisme. Toujours plus grand à chaque apparition, Kong mesure cette fois une trentaine de mètres !

L’action a été placée dans les années 70 afin d’introduire le nucléaire dans l’origin story de King Kong. On nous promet donc une réinvention de l’histoire du singe géant. Côté casting, c’est assez sexy avec dans le rôle des explorateurs malheureux : Brie Larson (Oscar de la meilleure actrice en 2016), Samuel L. Jackson, Tom Hiddleston, John Goodman… Grand spectacle garanti ! Sortie le 8 mars.

La Belle et la Bête

Après le premier essai Maléfique en 2014 et le carton du Livre de la Jungle en 2016, Disney continue d’exploiter le lucratif filon des remakes de ses dessins animés classiques en films live action. Vingt-cinq ans après le dessin animé, La Belle et la Bête a donc droit a une version augmentée, portée par la charmante Emma Watson.

Les premières bandes-annonces ont rassuré les puristes du classique Disney : ce remake s’annonce en tout point similaire, tant dans l’esprit qu’au niveau de l’histoire. On retrouvera donc le château enneigé, la Bête pas-si-terrifiante-que-ça, les meubles et les ustensiles doués de parole, la scène de danse… Bref, tout ce qui faisait la magie et la féerie du dessin animé. Sortie le 22 mars.

Ghost in the Shell

Voilà un projet qui, quand il a été annoncé, provoqua autant d’excitation que de colère chez les adeptes de culture japonaise. Pour faire simple, Ghost in the Shell est une oeuvre culte, née sous la forme d’un manga en 1989 puis adaptée en films d’animation à quatre reprises entre 1995 et 2015. Alors quand la production d’un film hollywoodien a été annoncée, avec Scarlett Johansson, une actrice occidentale, dans le rôle principal – une cyborg membre d’une unité antiterroriste, il y avait des raisons de s’inquiéter.

Ça c’était avant la première bande-annonce, très fidèle esthétiquement à l’univers cyberpunk de l’oeuvre originale. Certes, la présence d’acteurs occidentaux dénote un peu dans ce Tokyo futuriste. Mais la reconstitution, quasiment plan par plan, de scènes marquantes des premiers animes, a rassurer les puristes. Ghost in the Shell promet d’être un thriller futuriste avec beaucoup de caractère. Sortie le 29 mars.

Sous les mastodontes, un autre cinéma

Le slameur Grand Corps Malade adapte son propre livre autobiographique avec Patients (1er mars), en gommant toutefois les références à sa propre vie. Ou comment rire tout en parlant de maladies pourtant tout sauf drôles.

Le nouveau film de Peter Berg, Traque à Boston (8 mars), récit de l’attentat du marathon de Boston en 2013 ne brille pas par son questionnement politique. Mais on aurait tort de sous-estimer le talent de ce cinéaste, dont les derniers films, Deepwater et Du Sang et des Larmes, sont des petites bombes.

Prototype du « film à Oscars », Miss Sloane (8 mars) n’a pas glâné la moindre nomination lors de la dernière cérémonie. Pour autant, ce portrait d’une lobbyiste anti-armes à feu ne manque pas d’intérêt, à commencer par Jessica Chastain, impeccable.

Déjà 182 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 25 millions : Les Figures de l’Ombre (15 mars), histoire vraie de trois femmes afro-américaines ayant contribué à envoyer des hommes sur la Lune, est le carton surprise du début d’année (il a rapporté plus d’argent que La La Land aux États-Unis !).

Orpheline (29 mars) est un portrait fragmenté de la vie d’une femme à quatre âges de sa vie. Un drame mystérieux sur le destin et la maturité qui s’offre un casting de stars en devenir : Solène Rigot, Adèle Exarchopoulos et Adèle Haenel.

Enfin, on termine le mois sur Netflix. Ceux qui ont vu Beasts of no Nation savent que la plateforme peut offrir des très bons films. The Discovery (31 mars) pourrait bien être le prochain avec son concept fort : l’existence d’une vie après la mort a été prouvée et des millions de gens se suicident. Alors à quoi bon vivre ?