Martyrisées par de mauvais films ou reléguées au second plan, les super-héroïnes pourraient bien retrouver une place au soleil dans le sillage de Wonder Woman.

Article initialement publié sur europe1.fr le 6 juin 2017.

Douze ans. C’est le temps qu’il a fallu à Hollywood pour produire à nouveau un film avec une super-héroïne comme personnage principal. Après les échecs de Catwoman et Elektra, c’est à Wonder Woman, incarnée à l’écran par Gal Gadot et déjà aperçue dans le récent Batman V Superman, que revient la lourde charge de prouver que le genre super-héroïque n’appartient pas qu’aux hommes. Pour l’occasion, l’Amazone est propulsée en pleine Première guerre mondiale, où elle va découvrir l’étendue de ses pouvoirs. Avant la sortie française mercredi 7 juin, les retours des critiques américains semblent indiquer que le pari est (enfin) réussi.

Deux « navets » dans les années 2000

Depuis le début de la « bulle » des films de super-héros en 2000 (entamée avec le premier X-Men), seules deux figures féminines du genre ont eu droit à une aventure en solo. Le moins que l’on puisse, c’est que ce ne fut pas brillant. Il y eut d’abord Catwoman (2004), avec Halle Berry dans le rôle-titre et réalisé par le Français Pitof. Démoli par les critiques à sa sortie pour sa réalisation et son jeu d’acteurs risibles, le film ne parvint même pas à rembourser son budget de 100 millions de dollars.

Catwoman Elektra

Un an plus tard sortait Elektra, spin-off sur la petite amie de Daredevil apparue dans le long-métrage sur le héros aveugle sorti en 2003. Là encore, la critique s’en donne à cœur joie et étrille un film dans lequel tout sonne faux, des effets spéciaux grotesques au script bien trop sérieux, en passant par la performance désincarnée de Jennifer Garner. L’actrice a elle-même confié à l’époque qu’elle avait trouvé le film « affreux » mais que son contrat pour Daredevil l’obligeait à le tourner.

Des personnages forts mais peu mis en valeur

Deux échecs retentissants qui ont sûrement dissuadé les dirigeants de Marvel et de DC, les deux grands éditeurs de comics, de consacrer un film de leurs univers cinématographiques respectifs à des héroïnes. Certes, plusieurs personnages féminins ont volé la vedette à leurs homologues masculins, à l’image de Jean Grey (Famke Janssen) dans la première trilogie X-Men et Mystique (Jennifer Lawrence) dans la seconde. Mais à chaque fois, elles ont été reléguées au second plan ou cantonnées à un rôle romantique.

Avec cinq apparitions dans l’univers Marvel, la Veuve Noire (Scarlett Johansson) a également réussi à imposer un personnage bad-ass, aussi dangereuse avec ses poings que les héros en armure ou en costume. Longtemps, les fans ont même cru qu’elle aurait droit à son propre spin-off, d’autant que son passé trouble d’espionne du KGB donnerait matière à un scénario intéressant. Finalement, le film ne devrait jamais voir le jour. Surtout, la Veuve Noire a longtemps été la seule femme de la bande des Avengers, rejointe sur le tard par Scarlet Witch dans Avengers : L’Ere d’Ultron (2015).

Avengers Justice League

Avengers, Justice League, même problème : trop peu de femmes.

Wonder Woman relève le défi

Forcément, quand Wonder Woman a été annoncé dans le planning de DC Comics en 2014, les espoirs étaient immenses. D’autant plus que les aventures de Diana, princesse des Amazones, sont dirigées par une femme, Patty Jenkins, réalisatrice de l’acclamé Monster avec Charlize Theron (une première pour un film de super-héros). Mais ça, c’était avant les déceptions Batman V Superman et Suicide Squad. Le doute s’est installé : Wonder Woman sera-t-il à la hauteur de l’enjeu ?

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